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Handicap : le défi de l’emploi en chiffres

23/07/2020

L’emploi des personnes en situation de handicap est un enjeu sociétal : il s’agit de permettre un juste accès au travail à tout un chacun. Dans les entreprises, l’emploi de personnes handicapées relève de la politique mise en œuvre par le Responsable de la diversité et du handicap. 

À noter que les données chiffrées qui illustrent cet article datent de 2019, sauf mention contraire, et sont issus principalement de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) et du FIPHFP (Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique).

L’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) : les 6%

En matière de travail, les personnes en situation de handicap sont des bénéficiaires de l’obligation d’emploi (BOE). L’article L512-2 du Code du travail stipule que les entreprises d’au moins 20 salariés, des secteur privé ou public, doivent respecter cette obligation d’emploi et compter un minimum de 6% de personnels handicapés dans leurs effectifs. Cela concerne 103700 entreprises et établissements publics industriels et commerciaux (EPIC) en 2017. À compter de 2020, cette valeur de 6% sera révisée tous les 5 ans en fonction du nombre de travailleurs handicapés dans la population active et de leur situation sur le marché du travail.

Ce seuil obligatoire est rarement atteint. Le taux moyen est de 4,8% : il a progressé de 0,7 point en 5 ans mais reste en dessous des 6% attendus. 80% des entreprises emploient directement au moins un salarié handicapé. Elles complétaient leur obligation par des emplois indirects (sous-traitance auprès d’entreprises adaptées…) : cela n’est plus possible depuis le 1er janvier 2020 et l’entrée en vigueur de la loi Avenir professionnel.

Quand l'employeur ne respecte pas son obligation d'emploi, il verse une contribution :

  • à l'Agefiph pour le secteur privé
  • au FIPHFP pour le secteur public. 

Calculée en fonction du nombre de bénéficiaires qui auraient dû être employés et de la taille de l'entreprise, cette contribution annuelle s’établit de 4060 à 6090 € par bénéficiaire manquant.

Le profil des salariés handicapés en emploi

Comptant pour 7% de la population en âge de travailler, les BOE représentaient en 2018 2,8 M° de personnes : une augmentation de 14,3% en 5 ans. 

En 2018 toujours, 988000 personnes handicapées avaient un emploi : 

  • il s’agissait pour moitié de femmes, exerçant à temps partiel à 34% (2 fois plus que pour la population) et de moins de 50 ans
  • 7% de ces salariés étaient des cadres (18% sur l’ensemble des actifs) : la population handicapée est moins diplômée que la moyenne
  • ils exerçaient à 68% dans le privé, 21% dans le public et étaient 11% à être indépendants.

Les chiffres du marché de l’emploi des personnes en situation de handicap

L’accès au travail est un défi pour les personnes en situation de handicap :

  • le taux d’activité est peu élevé : à 47% (contre 74% pour l’ensemble des Français), il montre que certains handicaps ne permettant pas une activité professionnelle
  • le taux d’emploi ne s’établit qu’à 36% soit 29 points de moins que pour l’ensemble de la population : cela démontre un sous-emploi 
  • le taux de chômage est 2 fois supérieur au chiffre moyen national : à 18%, cela prouve un sur-chômage.

Le profil type du demandeur d’emploi handicapé est un homme, de plus de 50 ans, sans le bac, inscrit à Pôle Emploi depuis plus d’un an. Il cherche principalement dans :

  • les services à la personne et à la collectivité : aide ménagère, gardien…
  • les supports en entreprise : achats, comptabilité…
  • le commerce et la distribution…

Des moyens au service d’une meilleure insertion en entreprise

En matière de handicap et d’emploi, la volonté des chefs d’entreprise et/ou les valeurs de l’entreprise restent souvent les premières clés. Une politique en faveur de la diversité est nécessaire pour promouvoir l’emploi de personnes handicapées. Depuis le 1er janvier 2020, la signature d’un accord collectif au niveau d’une entreprise ou d’une branche est possible pour mettre en œuvre un programme pluriannuel au service de l’emploi handicapé. 

L’entreprise dispose de plusieurs leviers mon montrer son engagement : les embauches, les maintiens dans l’emploi (après un accident notamment), le choix de fournisseurs éthiques…

Sur le plan des recrutements, les chiffres 2019 montrent que les gagnants sont des femmes, de moins de 50 ans, sans le bac : Cap Emploi, structure d’aide à l’insertion, a permis le recrutement de 34 000 personnes handicapées. Ces insertions étaient à 26% des CDI, à 19% des contrats aidés et à 22% le fait d’employeurs publics. 

Le maintien dans l’emploi a également concerné en majorité des femmes de moins de 50 ans. À noter que le taux global de maintien a été de 91%. Les entreprises bénéficient de conseils et d’aides financières ; à titre d’exemple l’Agefiph subventionne :

  • une embauche en CDI d’un travailleur handicapé à hauteur de 3000 € maximum
  • un contrat de professionnalisation jusqu’à 4000 € 
  • l’achat de matériel comme une prothèse auditive pour un montant de 700 € tous les 4 ans

Créer son propre business

Les personnes en situation de handicap sont également incitées à créer leurs propres affaires. En 2019, 3985 entreprises ont été créées, principalement par des hommes, au moins diplômés du bac et ayant 44 ans en moyenne. Une aide forfaitaire de 4000 € est accordée par l’Agefiph.

Entreprises adaptées et formation : des parcours de professionnalisation

Malgré leur objectif d’insertion professionnelle basé sur un parcours emploi-compétences, les emplois aidés ont enregistré une forte chute au global et particulièrement sur les populations en situation de handicap : -35% en un an.

Même l’alternance a enregistré un recul : les entrées en apprentissage de jeunes handicapés ont reculé de 6% quand elles progressaient de 17% sur l’ensemble des jeunes.

Mais les nouvelles entreprises adaptées cherchent à stimuler l’emploi : elles développent des passerelles nouvelles pour leurs salariés vers des employeurs publics ou privés après leur avoir offert un parcours de professionnalisation.

Des formes innovantes pour soutenir les personnes en situation de handicap

Avec la loi Avenir professionnel, le compte personnel de formation (CPF) est majoré pour les travailleurs handicapés avec l’objectif de renforcer leurs qualifications.

L’accès au marché du travail se fait également au travers d’outils similaires à ceux des valides :

  • des cabinets de recrutement spécialisés dans le placement de personnes en situation de handicap
  • des entreprises adaptées de travail temporaire (EATT) : spécialistes de l'intérim de personnes en situation de handicap ; il s’agit pour l’heure d’expériences.

De plus en plus de chefs d'entreprises, handicapés ou non, imaginent des solutions inventives (cannes connectées, exosquelettes, voitures aménagées...) au service de l’insertion ou du maintien en emploi. 

On le voit, malgré les lois, malgré des engagements sur la diversité, l’emploi handicapé reste un défi : les 18% de chômage sont très significatifs. Les recrutements par les entreprises restent encore trop timides : les 6% de BOE ne sont pas atteints. Cependant, et même si la loi Avenir professionnel renforce l’OETH, le niveau de formation des personnes handicapées, gage de l’amélioration de leur employabilité, reste à améliorer.